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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 08:33

ALAÏS LA CATHARE

Voici quelques mots de l'auteur :

 

  Je me suis lancé depuis 2004, dans l’écriture d’un roman historique, dont la date de parution s’est faite le 25 août 2009, sur TBE, un long chemin !… Mon objectif, faire aimer le moyen âge aux lecteurs, au travers d’un récit mouvementé, basé sur des faits et personnages ayant existé ; s’accorder une part de rêve aussi, en se projetant dans le passé, avec la possibilité de ”remanier” l’Histoire ; et parler bien évidemment des cathares et de leur religion, puis du drame cathare pour finir …

     Cette passion pour le moyen âge m’a été communiquée par un collègue m'ayant recommandé de lire le roman de Zoë Oldenbourg “Argile et Cendres” … Quelles belles lignes de poésie ! J’ai été séduit…Séduit ensuite par d’autres romans et tout ce qui se rapporte à l’époque des croisades.

     Que dire encore sur ce premier ouvrage ?…Au travers d'une fresque aux rebondissements inattendus, parfois extrêmes voire choquants, il subsiste encore, au travers des lignes que j’ai écrites, un brin de poésie ; et surtout il y transparaît cette notion d’âge d’or assortie de plénitude, d’un rapprochement de l’homme à la Nature, et d’un bonheur que notre siècle a malheureusement perdu, et que les guerres ou la cruauté ont brisé.

     Continuer d'écrire ? ….Oui bien sûr ! une suite à ALAÏS LA CATHARE est en cours ; son scénario et donc le corps du roman, avec ses chapitres, est bien établi… Il ne reste plus qu’à écrire…



Découvrez ici des extraits de l'ouvrage de Patrick Sardou



Résumé :
couverture blog
photo © Patrick Sardou, novembre 2011
Alaïs de Cathala a grandi dans la foi cathare. Depuis un an déjà, un certain Dominique Guzman, prédicateur de l’Église romaine, parcourt le futur Languedoc où a fleuri l’hérésie cathare soutenue par Raymond VI, Comte de Toulouse. Cependant, des foyers de discordes et des persécutions prennent naissance, auxquels se mêlent les bandes de mercenaires à la solde indirecte de l’Église ou des seigneurs convoiteurs de la terre d’Oc. Tout au long du roman, une enquête de fond est menée par les différents personnages, inquisiteurs, chevaliers, ou templiers pour élucider un crime perpétré contre un curé, ainsi que la disparition d’Alaïs vouée à devenir l’Elue des Cathares. Gérard de Sète templier énigmatique et ambivalent intervient dans les nombreux rebondissements et ses rapports avec la chrétienté. Son objectif est de contrecarrer la croisade envisagée par le pape Innocent III, mais aussi d’utiliser Alaïs à ses propres fins… Avec pour toile de fond le drame cathare, ce roman est aussi un hommage à leur religion.




Ce livre est disponible sous plusieurs formes :

D'abord, séparé en 2 volumes, format Exlibris 14,8 x 21 cm :


    Alaïs la Cathare, Les Parfaits de Puilaurens  ( 257 pages )

    Alaïs la Cathare, l'Elue des Parfaits  ( 235 pages )

Ou en un seul tome ( 470 pages ), chez  TheBookEdition.com  ,  disponible   ici
Par jarods ou yarods
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 18:22

 

                                           vieux-copie-1

 

                              Ouvrage relié du 1 juillet 1947

 Voici un très long article signé Agathe Idalie OLDENBOURG, fille de l’écrivain Zoé OLDENBOURG (1916-2002). Je le reproduis ici intégralement avec son aimable autorisation.

Lettre ouverte à la mémoire de sa mère Zoé, Agathe Idalie évoque le devenir de l’ensemble des œuvres de sa mère qui ont été éditées... et qui malheureusement tombent dans les oubliettes -les fameux pilons des éditeurs- , avec peu d'espoir de les voir remonter à la surface de la réédition du Livre...

C’est donc une lettre en forme de complainte, une bouteille à la mer, qu’elle adresse à celui ou celle qui ressuscitera les œuvres de sa mère, afin que sa mémoire ne soit pas effacée…et que soit reconnu son génie littéraire.

 

 

Quelques Œuvres de l'auteur :

 

1946, Argile et cendres

1953, La pierre angulaire

1959, Le bûcher de Montségur, 16 mars 1244

1960, Les brûlés

1961, Les cités charnelles

1965, Les croisades

1966, Catherine de Russie

1970, La joie des pauvres

1977, Visages d’un autoportrait

1980, La joie souffrance

1982, Le procès du rêve


 

 

 

Ma mère au Purgatoire

 

"Mais peut-être,
Après tout,
N’aimez-vous pas la littérature."
                                                                                                                                       Brigitte Fontaine
 

 Comme je m’agace encore moi-même, quand je parle d’elle, à  réclamer son dû, à m’indigner, encore ! Trouverai-je un jour le ton juste, le ton qui fait bien passer le message ? – Je ne crois pas : pour cette cause, ceci est mon dernier acte.

Je ne me reconnais plus dans cette "note criarde" d’enfant déchue qui milite pour sa mère : je crois avoir fait la traversée du ravage. Ce que vous lirez d’énervé, c’est un reste ; je n’irai pas le corriger, car je n’ai plus le temps : je pars.

 Je ne reviens à la charge que pour me délester du poids de l’œuvre maternelle, - tombée aux oubliettes. C’est trop lourd, je suis trop seule à me sentir concernée. Mère trop présente, puis : trop absente...

- Les œuvres meurent, celle de ma mère, qui a disparu des librairies, s’éteint doucement. Elle ne me paraît pas mériter ce sort. Mais après m’être agitée et mortifiée je passe la main.

Le but de cet écrit, c’est donc de faire part d’une impasse à des personnes compétentes, médiatiques, à des professionnels.

Afin de partir  sans ce fardeau qui a déjà trop obéré ma vie.

Je suis la  fille de l’écrivain Zoé Oldenbourg (1916- 2002).

Beaucoup d’entre vous ne la connaissent pas, n’ont pas eu l’occasion de rencontrer ses livres. D’autres, qui l’ont connue, appréciée, pensent qu’il est naturel que son œuvre perdure et soit honorée. Mais ils ne vont pas le vérifier ; ils seront surpris de ce dont je fais état. Peut-être ne me croiront-ils pas, me prendront pour une héritière exigeante et persécutée.

- Les héritiers sont des gens pénibles : ils croient en l’éternité de l’œuvre de leur parent auteur. Certains, - car d’autres s’inclinent, laissant mourir une nouvelle fois le géniteur.

 Ma mère  pourra-t-elle sortir du "Purgatoire" ? Et dans quelle direction ?

Le purgatoire, lieu élégant (ou fatidique) auquel renvoient souvent les éditeurs paresseux, les libraires soumis aux modes, les écrivains frileux à la mort d’un auteur, à sa deuxième mort. Quand l’œuvre tombe dans l’oubli faute de soin. Le purgatoire est un mot aimable pour préparer la majorité des œuvres vers le  passage, moins chrétien, "au pilon" (destruction des stocks).

Le purgatoire des écrivains, je comprends : certaines oeuvres ne concernent plus le public d’aujourd’hui. Les éditeurs ne sont pas des philanthropes. Ils les conservent un temps en réserve (au frigo), au cas où. Ils sont soumis aux modes, - et de nos jours se laissent envahir par une surproduction de plus en plus défavorable aux valeurs de conservation, ou plutôt au service actif des textes. Les libraires de leur côté sont submergés par les nouveautés. Un chef-d’œuvre, aujourd’hui, peut ne faire qu’une saison : au suivant ! – noyé sous la masse monstrueuse du gavage  médiatique ; - toujours plus !

 Je trouve qu’il y a une responsabilité de l’éditeur à faire vivre son propre fonds de qualité, à veiller à le remettre en circulation quand  la teneur d’une œuvre vient faire (et parfois plus qu’au temps de leur parution), écho avec les goûts et demandes profondes du public. Par ignorance, ou sous prétexte que ces œuvres datent de quelques décennies, on les laisse disparaître, par facilité : classées "purgatoire".

C’est le cas des livres de ma mère : j’en suis convaincue, non parce que je suis sa fille, mais parce que je connais un peu les livres. Mon père fut un vrai libraire, j’ai vécu "dans" les livres. – Beaucoup trop.

 Je donnerai deux arguments de l’injustice de cette relégation au purgatoire :

- Pour ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de connaître son œuvre, Zoé Oldenbourg a écrit un certain nombre de romans se déroulant au Moyen- Age, qui ont été traduits en une vingtaine de langues. Les plus connus sont "Argile et Cendres" et "La Pierre Angulaire" (prix Femina 1953) ; il y eut, centré sur la tragédie cathare, le doublet "Les Brûlés" et "Les Cités Charnelles" ; puis "La Joie des Pauvres", récit épique  sur la croisade des pauvres.

Ces thèmes n’étaient pas accordés au goût des tenants du Nouveau Roman, - dont le dogme minimaliste et le rejet de l’œuvre de fiction étiquetée "traditionnelle" a exercé un terrorisme intellectuel écrasant à  l’époque où ma mère a publié. Elle en a pâti : alors, oui, c’était le purgatoire pour un écrivain comme elle, inspirée, visionnaire, prolifique. Et d’une langue rigoureuse, novatrice.

Depuis deux décennies le retour de la fiction, l’engouement d’un très large public pour le "roman historique" ne sont pas à démontrer. Ma mère certes n’aimait pas être cataloguée, et l’étiquette "roman historique" la gênait, - elle se déclarait simplement romancière (plus sérieux). Mais, ironie du sort, le roman, disons, situé à une autre époque, est devenu un genre si prisé que toutes les grandes librairies s’honorent, aujourd’hui, d’un rayon entier réservé au "Roman Historique".

- Son œuvre n’y a jamais figuré : personne n’y a veillé. Si l’édition doit vivre, il est dommage de ne pas avoir remis en circuit ces romans qui, de surcroît, ont une valeur littéraire, et, ce qui n’est pas toujours le cas, une connaissance avérée des époques concernées : la preuve en est que ce fut la lecture de la "Pierre Angulaire" qui donna à l’éditeur l’idée de passer commande, pour la Collection "Les Trente Journées qui ont fait la France", du "Bûcher de Montségur". Idem pour "Les Croisades". Ne parlons-plus de "L’épopée des cathédrales" (disparu), du "Saint-Bernard" (pilonné, chez Albin Michel).

 - Ma mère est née en 1916 à Petrograd. Elle a connu la révolution russe, puis venue en France à l’âge de neuf ans, elle a connu la vie de l’émigration, à Meudon et Paris.

Si ce sujet n’a pas toujours passionné le public, il est devenu aujourd’hui l’objet d’une grande curiosité. - L’année du Livre en 2010 a été consacrée à La Russie.

Ma mère a écrit quatre romans qui se déroulent dans le milieu russe de l’émigration, dans l’entre-deux guerres puis après la deuxième guerre.

Ce n’est pas leur seule qualité, - mais ils sont riches  d’informations sur ce monde, sur la vie quotidienne des russes blancs émigrés, - surtout dans "La Joie-Souffrance", son chef-d’œuvre, histoire d’amour et de mort.

Vous ne les trouverez pas en librairie.

- Pour ce Salon, la rediffusion des deux textes autobiographiques "Visages d’un autoportrait" et "Le procès du rêve", aurait pu intéresser : ma mère y raconte, outre la Russie de la révolution qu’elle a connue enfant, l’émigration dans le Paris d’entre les deux guerres, en même temps que la genèse de sa vocation d’écrivain français nourrie par deux cultures et deux langues, et son choix du Moyen- Age français pour incarner son univers romanesque.

Ces livres  ont connu un grand succès, - cherchez-les.

A propos de  Russie : ma mère a écrit un essai sur "Catherine de Russie" qui a été un best-seller international. Elle a (purgatoire ou pilon ?) écrit une préface pour  "Guerre et Paix", rédigé   pour la Collection "Génies et Réalités", de longs articles sur Tolstoï et sur Catherine de Russie.

Voilà qui sent le sapin.

Ces deux pistes, le Moyen- Age et la Russie, je les savais opportunes pour ressortir de la réserve l’œuvre de ma mère, et pas seulement par fidélité : mes arguments étaient réalistes, - éditoriaux, commerciaux.

J’ai exposé en détail ces arguments, oralement et par écrit, dès la mort de ma mère : je me sentais responsable, étant la seule à m’en préoccuper. Ma mère n’avait jamais été mondaine, mais du temps de Gaston G., de Jean Paulhan, de Dominique Aury, de Paule Neuvéglise elle aimait passer chez son éditeur. Puis elle avait déserté, ressentant âprement en silence le peu de cas qu’on accordait à son œuvre, et ne sachant pas demander.

Elle m’avait à sa façon missionnée post-mortem. Lourd fardeau, pour "enfant doué" (au sens d’Alice Miller). - Quelles que soient mes tribulations avec cette mère et cette œuvre qui ont tant pesé sur moi, je respecte son œuvre.

J’aurais aimé pouvoir me faire entendre : alors, ma mère de son côté, moi du mien, mission accomplie, j’aurais pu vivre.

Il y avait aussi ses deux pièces de théâtre, publiées mais jamais diffusées : l’une sur un épisode de l’Inquisition, l’autre, "Aliénor", écrite à la demande de Silvia Monfort, qui mourut avant de la jouer.

J’écrivis tout cela à son éditeur (Antoine Gallimard), puis demandais conseil à Frédéric Mitterrand, dont j’avais apprécié la sensibilité à l’œuvre de ma mère lors de son émission télévisée consacrée à Andrée Chédid et Zoé Oldenbourg. Je n’obtins aucune réponse.

Chez Gallimard, Roger Grenier et Yvon Girard m’ont chacun énoncé le dogme du Purgatoire. Et, à titre d’alternative, la piste de l’événement heureux qui pouvait faire tourner le vent : que "quelqu’un", c'est-à-dire un personnage du monde littéraire, un journaliste, un "people", exprime publiquement son intérêt pour l‘écrivain, son oeuvre.

Alors, oui, cela justifierait éventuellement, la demande faisant preuve, une relance commerciale.

Autour de moi, on ne comprenait pas bien mon insistance : car après tout l’œuvre existait encore.- Certes des livres de Zoé Oldenbourg restent disponibles (soit en Folio soit en Collection Blanche), dans la réserve de l’éditeur. On peut passer commande (pas de tous, mais ce n’est déjà pas mal).

Mais n’étant plus diffusés du tout, n’ayant été réédités que prudemment à quelques centaines d’exemplaires sans être redistribués en librairie, (leur réimpression, à ma demande, ne s’étant accompagnée d’aucune action commerciale,) - ils ont repris le chemin de l’oubli. Conserver en réserve quelques exemplaires, juste histoire de ne pas perdre un auteur, mais n’entreprendre aucune démarche éditoriale pour alimenter la vie de l’oeuvre, la faire connaître à un nouveau lectorat, - cela revient à  la laisser mourir.

-  Aujourd’hui, c’est votre réflexion qui fera loi, - dans le partage public des idées, les medias, le débat sur l’édition, que sais-je ?  Puisque ce message de simple "ayant-droit" n’a pas été entendu, - est resté au purgatoire.

Oui, l’édition doit vendre, encore une fois, mais pourquoi ne sait-elle pas se nourrir de ses valeurs sûres  -  Encore faut-il qu’elle s’en soucie, qu’elle les connaisse, les reconnaisse. Mais alors, quelles louanges mérite-t- elle ? A propos de centenaire, celui de ma mère, 1916-2016, sera-t-il seulement mentionné ? N’est-il pas trop tard ?

Cela m’a épuisée de prêcher dans le désert pour ma mère morte : endosser de passer pour hystérique, parano, névrosée pas libérée de sa mère, ce n’était pas le pire. Le plus grave était l’impuissance, les non-réponses... Le silence. Je trouvais cela  injuste ; je remballai le boulet dans des profondeurs douloureuses.

Car tout cela me détournait, encore, de moi-même (je ne suis pas que la fille de). Je me suis sentie lasse d’être piégée, encore, par le poids de la figure maternelle, - cette  œuvre insoulevable, dont plus personne ne se souciait.

J’avais mon chemin à faire. Je ne dépendais pas pour vivre des potentiels droits d’auteur.

Le soin d’une œuvre importante  m’avait paru relever des missions de l’éditeur ; on me demandait d’inventer, de quêter.

Je finis par rendre les armes, pour me préserver : outre l’ire fraternelle réveillée par mon initiative, et son refus de me laisser faire les démarches légales conseillées par la Société des Gens de Lettres, je me retrouvai face à un mur. Le message qui m’était régulièrement renvoyé était paradoxal. L’éditeur me renvoyant aux libraires, - qui n’avaient qu’à commander les livres -, les libraires aux commerciaux, - qui n’avaient qu’à "booster" les livres -, les commerciaux à l’éditeur, - qui n’avait qu’à redoper les livres -, l’éditeur aux lecteurs, - qui n’avaient qu’à s’intéresser aux livres - ; lecteurs qui, eux, me renvoyaient en toute légitimité à l’absence des livres, - introuvables. Pour commander un livre, encore faut-il en avoir entendu parler.

De quoi parlais-je ? D’un objet introuvable dont personne n’avait cure.

Pas plus mondaine ni branchée que ma mère, je gênais. Les libraires cultivés déploraient, les libraires marchands ne connaissaient plus.

C’était la faute de la fatalité. On me renvoyait au "purgatoire".

Et ma mère ne l’avait-elle pas mérité, ce désaveu ? N’étant ni française, ni chartiste, elle n’a jamais su s’allier la caution des universitaires pour ses Essais historiques, malgré le succès considérable du "Bûcher de Montségur" et des "Croisades", - ouvrages d’histoire qui font encore autorité. Côté Roman, sans doute ne sut-elle pas élever la voix lorsque cette forme littéraire retrouva ses lettres de noblesse ; et personne ne pensa à faire connaître à nouveau cette œuvre colossale.

Cet ingrat  chantier, je le refoulai : j’avais à travailler sur le mien. Me dégager d’elle, me dépêtrer de mon propre purgatoire. Avoir une mère-écrivain n’est pas simple. M’occuper de moi c’était ne pas, ne plus m’occuper de tout cela,  - attitude peu compatible avec l’énergie requise pour l’autre croisade : réveiller de leurs  cendres ses œuvres négligées.

La  mort (réelle) de ma mère (en 2002, à 86 ans) m’avait  libérée, me donnant  accès à mon expression : la peinture, jusque-là confisquée. Ma mère en toute innocence occupait tout l’espace, réquisitionnait toutes les places : comme beaucoup de grands créateurs.

A sa mort, et après avoir erré en prof de Lettres puis m’être adaptée comme psychologue, j’ai retrouvé le droit de peindre, exilé en moi.

Chemin d’individuation.

Et à présent je vais quitter Paris, - ce Paris qui, tel une mère surdimensionnée, m’épuise. J’atteins l’âge de la retraite, et je suis un très jeune peintre. C’est de cela que je vais m’occuper maintenant.

Et c’est là que je vous retrouve : les adjoints de l’éditeur avaient raison, c’est vous, les gens sérieux et communicants, critiques, journalistes, auteurs,  des "people" à votre manière, gens de qualité, que l’on écoute et lit, qui avez le pouvoir de modifier la donne, qui serez entendus. Qui aurez des idées, un point de vue sur la question du patrimoine éditorial, ou sur ma mère. Qui aurez le pouvoir de faire réfléchir, qui sait, voire réveiller jusqu’à l’éditeur oublieux, qui sait, jusqu’aux libraires frileux.

Vous sans doute pas très jeunes non plus si vous vous souvenez d’elle : si vous l’avez connue, entendue, à la radio du temps de Roger Vrigny, de Pierre Sipriot…, à la télé du temps de Pivot ; du temps où François Mitterrand (l’oncle), invité à "Apostrophes", parla de sa découverte de "La Pierre Angulaire", comme de l’un des plus grands chocs de sa vie de lecteur.

Je vous aurai fait savoir que l’œuvre n’est pas bien traitée, et ce  précisément à un moment où elle aurait eu toutes les chances d’être redécouverte et d’intéresser de nouveaux lecteurs.

Chœur des lecteurs et critiques, des éditeurs, je vous convie soit à vous arranger de cette agonie, la cautionnant par votre indifférence, soit à vous en étonner.

- Quant à moi, le vieux tablier de "fille de", je le rends.

 Une œuvre est une chose fragile. Négligée faute de vigilance,  elle "épanche à regret / Son parfum doux comme un secret / Dans les solitudes profondes".

 Baudelaire (Le guignon)

 - Au purgatoire, pas très loin de la déchetterie.

Je trouve injuste de porter seule cet amer savoir et m’en remets à vous.

 

Agathe Idalie 23 mars 2011

 

P.S. Ma mère, pour son propre père, avait choisi de laisser faire. Les deux livres de Serge Oldenbourg, historien et journaliste de renom, édités chez Payot, ont disparu, passés au pilon. "Le Coup d’Etat bolchévique"  est pourtant cité par Lénine lui-même, dans  son Testament politique, comme l’ouvrage le mieux référencé sur cette période – un hommage d’autant plus significatif que le livre cité émane d’un garde blanc ayant dû choisir l’exil.- Peut-être a-t-elle bien fait ; elle a choisi de se centrer sur son œuvre à elle.

C’est ce que je fais à partir d’aujourd’hui.

Agathe Idalie OLDENBOURG23 mars 2011

 

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Poche - 11 février 1988

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                Poche - 26 octobre 1972                                                

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                         broché 1954  
   

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                       Folio édition 1966

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                           Poche 1961

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                    Folio 03 mars 1989
 

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                    Folio 24 octobre 1991

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                     Folio 12 février 1985

 

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